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Les origines du ski dans la région de la capitale nationale du Canada

Le patrimoine du ski canadien est riche, divers et rempli d’histoires de personnalités animées qui ont profondément affecté le sport et le pays. De la fin du 19e siècle jusqu’aux années 1960, cet exposé relate les origines du ski de piste, du ski alpin, du saut à ski et du développement de pistes et de chalets de ski dans la région de la capitale nationale.

Historiquement, les origines des activités de ski dans la région de la capitale nationale vont de pair avec la création et l’évolution de l’Ottawa Ski Club (le club de ski d’Ottawa). Cet exposé relate donc majoritairement les débuts des efforts variés de ce club. Le Musée canadien du ski reconnait aussi l’existence d’un nombre de plus petits clubs de l’époque qui ont tous contribué au développement du ski mais qui se sont dissouts et ont laissé peu ou pas d’archives. Premier parmi eux était le Cliffside Ski Club (le club de ski de Cliffside), actif entre 1919 et 1942 ou plus tard, qui a activement coopéré avec l’Ottawa Ski Club (OSC) pour développer des clubs, des pistes et des activités de saut.

LES ORIGINES DU SKI DANS LA RéGION DE LA CAPITALE NATIONALE

Des archives suggèrent qu’à la fin du 19e siècle, le ski a été introduit dans la région d’Ottawa par une source inattendue : le gouverneur général Lord Hamilton. Les terres de la résidence du gouverneur général, Rideau Hall, et le parc Rockcliffe adjacent sont à deux pas des édifices du Parlement et sont devenus les endroits principaux pour la nouvelle activité au centre de la capitale nationale. (L’histoire du ski et son développement dans la région d’Ottawa vont de pair avec l’OSC. Les auteurs reconnaissent aussi l’existence d’un nombre de plus petits clubs de l’époque qui ont tous contribué au développement du ski mais qui se sont dissouts et ont laissé peu ou pas d’archives. Premier parmi eux était le Cliffside Ski Club, actif entre 1919 et 1942 ou plus tard, qui a activement coopéré avec l’OSC pour développer des clubs, des pistes et des activités de saut.)

L’intérêt pour le sport a rapidement évolué et par 1899, des archives indiquent que « c’[était] aussi habituel de voir des gens avec une paire de skis sur leur épaule que de les voir avec un parapluie » (History of the Ottawa Ski Club, 1972, de Herbert Marshall, p. 4). L’équipement était si réclamé qu’une publicité pour des skis et de l’équipement importés de Stockholm a paru dans l’édition du 5 février 1901 de l’Ottawa Journal.

Onze années plus tard, des skis faits sur mesure étaient disponibles à partir de 4 $ tandis que des skis importés de la Norvège coûtaient entre 3 $ et 9 $. Par rapport aux normes actuelles, les skis du début du 20e siècle étaient pour le moins rudimentaires. M. C E Mortureux, président de l’OSC pendant 27 années (de 1919 à 1946), a décrit qu’une paire de ski qu’il s’est acheté en 1906 était construite en érable, d’une longueur de huit pieds, d’une largeur de cinq pousses et accompagnée d’« un bâton splendide de neuf pieds » (Marshall, p. 5).

Le ski de fond ou de piste est devenu plus populaire de manière parallèle au développement d’un groupe de passionnés plus petit mais tout aussi enthousiaste pour le saut à ski. Le saut à ski est également originaire du parc Rockcliffe sur une pente nommée de raison la colline aux suicidés. Entre 1910 et le début de la Première Guerre mondiale en 1914, C E Mortureux a décrit des « sauteurs de planche » qui ont construit la première tour de saut en bois. Bâtie en stages annuels, elle a atteint une hauteur finale de plus de 100 pieds. Durant les fins de semaine, les pratiques de saut sont devenus un sport populaire apprécié par des centaines de spectateurs; pendant au moins une fin de semaine, le sport a attiré un auditoire d’environ 5000 individus.

Ces mêmes « sauteurs de planche » sollicitaient de meilleures installations de saut et ont donné un élan à la création de l’OSC original en 1910. La constitution du club spécifiait que tous les aspects du ski étaient encouragés, mais l’emphase initiale sur le saut à ski a néanmoins fait en sorte que d’autres types d’activité de ski, particulièrement le ski de piste, ont été négligés. L’hiver de 1914, le nombre de membres était finalement assez élevé pour organiser la première course de ski de fond en janvier. En même temps, la ferveur pour le saut à ski a diminué alors que les hommes s’enrôlaient pour du service militaire avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Elle cesserait après le championnat Dominion du 6 mars 1915 au parc Rockcliffe et reprendrait seulement ses activités lorsqu’une autre tour de saut a été complétée au parc Rockcliffe. Malheureusement, la tour originale, laborieusement construite en stages pendant quatre ans, s’est écroulée à cause des vents d’une tempête en automne 1915.

Durant la guerre (entre 1914 et 1918), les randonnées de ski sont demeurées un sport de fin de semaine et l’OSC y accordait une importance particulière lorsqu’il s’est réuni en 1919. Des nouvelles pistes ont été inspectées autant à l’intérieur des limites de la ville d’Ottawa que dans les collines de la Gatineau au Québec. Par l’an 1920, le système émergeant s’étendait sur plus de 31 kilomètres.

Le système de pistes croissant venait de pair avec une lacune de logements et par l’an 1921, les skieurs avaient accès à un total de sept chalets : deux propriétés de l’OSC (Camp Fortune et le Chalet du lac Pink) et cinq propriétés privées.

Aucuns de ces chalets de ski n’auraient été disponibles sans le travail et le temps investis par les membres de l’OSC et, durant les premières années, du Cliffside Ski Club.

Parmi les nombreuses contributions aux pistes et à la construction de chalets, la plus évidente était fournie d’abord par les Night Riders (un groupe dont le nom signifie « skieurs de nuit ») et ensuite par les Trail Riders (un groupe dont le nom signifie « randonneurs »). L’hommage suivant a été publié tôt en 1935 dans le Ski Bulletin de Boston au Massachusetts. « L’institution ancienne et honorable des Night Riders a été fondée en 1924 par Capitaine T J Morin, un vétéran de nombreuses campagnes, strict en matière de discipline et extraordinaire créateur de pistes de l’Ottawa Ski Club, qui a imprégné la compagnie d’un esprit de corps si puissant qu’il subsiste encore de nos jours. Les Night Riders sont dirigés de manière semblable à la Légion étrangère, cependant alors que le légionnaire reçoit une chambre et une pension gratuites, une grosse somme de 4 sous par jour et son tabac à moitié prix, les Night Riders ne reçoivent que l’occasion de travailler pour leur club. Ils paient leur frais de transport jusqu’aux collines, mais ils préfèrent souvent parcourir par ski les dix milles qui séparent les portes de la ville et le quartier général du club. Ils paient leurs frais d’adhésion pareillement aux autres membres, ils fournissent leur propre nourriture pour éviter d’être affamés et, jusqu’à récemment, ils payaient pour leurs propres lits. Dernièrement, par contre, le club s’est laissé fléchir pour les fournir avec un lit gratuit parmi un ou l’autre des trois bâtiments-dortoirs… »

Après une période d’inactivité relative durant la Première Guerre mondiale, le ski est redevenu un sport populaire de fin de semaine en 1919. Un prolongement de la voie ferrée au nord a permis à un nombre toujours croissant de skieurs d’explorer les pistes et les collines de Gatineau à la fin du 19e siècle. Des skieurs enthousiastes monteraient sur des « trains de neige » lents dans de nombreuses stations dans la ville d’Ottawa pour le court trajet jusqu’aux collines :

« Des centaines de skieurs s’entassaient dans la Gare Union et montaient sur le train en direction du nord avec leur sac à dos. Des skis étaient placés à la verticale entre les dos des sièges, parfois si négligemment qu’un vacillement du train les précipitait sur les têtes des gens assis sur l’autre côté de l’allée centrale. Puisque les wagons semblaient toujours être surchauffés, les couches extérieures de vêtements étaient enlevées et accrochés sur toutes les saillies disponibles, dans toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les gens montaient et descendaient constamment les allées et entre les wagons parce que le voyage au nord était une bonne occasion de visiter ses amis. […] C’était de la mer veilleuse camaraderie. » (Marshall p. 33)

Ce mode de transport pittoresque ne durerait pas. Par l’an 1928, c’était plus commode de voyager par autobus ou par l’automobile de plus en plus populaire parce que les routes améliorées ont grandement diminué la durée du trajet entre Ottawa et la région de ski.

Le ski de piste a continué d’être la forme dominante d’activité hivernale dans la région de Gatineau dans les années 1920 et 1930 même si des tendances et des techniques plus nouvelles apparaissaient en Europe alpine : la technique Arlberg, les remonte-pentes, la course alpine et particulièrement la course de slalom. La présence de bois denses et l’absence de pentes dégagées ont longtemps découragé ces tendances dans la région d’Ottawa. Néanmoins, l’intérêt considérable parmi les membres de l’OSC a certainement mené à l’abatage d’arbres et à la création du Centre de slalom Joe Morin en 1932. Ce début était un événement sans grande conséquence à l’époque qui, éventuellement, changerait à tout jamais la nature de l’activité de ski dans les collines de la Gatineau.

Huit ans supplémentaires s’écouleraient avant qu’un autre événement permettrait à toutes les tendances européennes d’être affirmées. En 1940, un câble remonte-pente alimenté par un moteur abandonné de Cadillac a été ajouté au Centre de slalom Joe Morin. C’était aussi huit ans après que le premier remonte-pente du Canada a été installé sur la Big Hill (grande pente) à Shawbridge, Québec. Même si l’efficacité du remonte-pente de l’OSC était moins qu’optimale jusqu’en 1944, sa popularité immédiate a accéléré la tendance du ski alpin « d’un dégoulinement à un torrent ». Le nombre croissant de remonte-pente a fait plus d’un mécontent. C E Mortureux, le président de longue date de l’OSC, a écrit ceci dans l’annuaire de 1945-1946 du club :

« Une épidémie de remonte-pentes, qui se propage de son centre fort infecté au nord de Montréal, s’est propagée dans les collines de la Gatineau. Puisqu’il n’existe aucun antidote, nous ne pouvons qu’exprimer l’espoir que nos membres échapperont à cette contagion […] Nous nous trouvons dans l’âge du remonte-pente. Décidément un signe de la dégénération de l’époque, et ne pas à être louangé. Toutefois, si ces dispositifs n’attirent point de clients, les opérateurs auront amplement de corde pour se pendre. »

Heureusement, les craintes de Mortureux étaient sans fondement. L’enthousiasme pour le ski alpin est resté inchangé et accompagné de soucis croissants quant aux pentes surpeuplées et à la sécurité potentiellement menacée. Le Centre de slalom posait particulièrement problème et quoique les Night Riders ont élargi la pente en 1945, ils ont rapidement constaté que c’était insuffisant. L’année même, l’OSC a réagi avec l’ouverture de deux collines supplémentaires (Morning After, soit « lendemain matin » en anglais, et Malcolm Macdonald), mais les soucis de surpopulation et de sécurité persistaient.

La participation active de la Commission du district fédéral (maintenant nommée la Commission de la capitale nationale) serait nécessaire en 1948 et 1949 pour régler ces problèmes, du moins temporairement. Les changements apportés en 1948 étaient sans précédent : « L’histoire du club n’a jamais auparavant observé une progression si importante dans une seule année. » (Annuaire de 1948-1949 de l’OSC) Le Centre de slalom a de nouveau été élargi et une autre colline nommée après le Vicomte Alexander, le gouverneur général de l’époque, a ouvert ses portes côte à côte avec la colline Macdonald.

Entre les années 1947 et 1959, la création de nouvelles collines et des amélioration constantes aux installations attiraient de plus en plus de skieurs. Le nombre de membres de l’OSC a d’abord doublé à 5000 entre 1947 et le milieu des années 1950, a ensuite augmenté à 7800 par l’an 1959 et a finalement rapidement accru à 10 000 par l’an 1960. Les remonte-pentes ont été rallongées et les pentes devenaient surpeuplées; la surpopulation était encore une fois un problème.

Coïncidant avec son anniversaire de 50 ans, le club a réagi en 1959 avec un plan ambitieux de développement pour inaugurer le versant Skyline actuel et d’installer un remonte-pente Poma qui fournit une pente verticale de 610 pieds par rapport à la pente de 279 pieds du Centre de slalom. Ce développement a inspiré l’installation d’un télésiège moins de deux ans plus tard, en 1961, pour profiter de la popularité de Skyline. En 1966, l’expansion majeure finale consistait de la création des Collines Vanier et Expo avec un téléski double pour les soutenir.

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